La Simat, première entreprise africaine cotée à la bourse de Paris

ABIDJAN - La Société ivoirienne de manutention et de transit (Simat), spécialisée dans le fret maritime, va faire son entrée lundi
à la bourse de Paris, une première pour une entreprise africaine, a annoncé vendredi à Abidjan son directeur, Stéphane Eholié.

La Simat, une société anonyme de droit ivoirien, a mis en "vente vendredi 320.000 titres pour 4,38 euros chacun, soit 20% de son capital" (valorisé, estimé à 7,5 millions d'euros), a indiqué M. Eholié au cours d'une conférence de presse, soulignant que la cotation "débutera lundi prochain sur le marché libre d'Euronext Paris".

"Notre introduction en bourse vise à atteindre une transparence et une bonne gouvernance", ce qui devrait "trancher avec l'image de mauvaise gestion collée aux entreprises africaines", a-t-il poursuivi.

La Simat, dont l'essentiel du capital est détenu par M. et Mme Eholié, va être la première société de capital privé africain à être introduite en bourse à Paris, a précisé Samuel Maréchal, secrétaire général d'Europe Finance et Industrie, l'entreprise d'investissement qui a parrainé cette cotation.

Cette opération boursière permet à la Simat de ne pas avoir recours aux prêts des banques de la sous-région, qui proposent des taux d'intérêts "exorbitants" d'environ 14%, a expliqué M. Maréchal.

"Ce type d'introduction en bourse peut permettre au gouvernement ivoirien d'avoir une alternative économique - en terme d'image, de reconnaissance et de puissance financière - face aux grands groupes étrangers", a-t-il ajouté.

Créée en 2001 avec un capital initial de 400 millions de FCFA (610.000 EUR) Simat a vu son chiffre d'affaires passer de un milliard de FCFA (1,5 million EUR) à 6 milliards de FCFA (9,1 millions EUR) en 2006.

L'entreprise prévoit d'atteindre 7,25 milliards de FCFA (11,07 millions EUR) de chiffre d'affaires en 2008 et 8 milliards de FCFA (12,1 millions EUR) en 2009.

La Simat est implantée sur le port de San Pedro (sud-ouest) par où transite l'essentiel du cacao de Côte d'Ivoire, premier producteur mondial, ainsi que sur le port d'Abidjan (90% du trafic maritime international). Elle emploie près de 150 personnes.