Ils ont beau avoir remporté les caucus de l'Iowa qui ont ouvert les primaires américaines, Barack Obama et Mike Huckabee n'ont pas été les cibles principales de leurs rivaux lors des débats organisés samedi 5 janvier par la chaîne de télévision ABC. Souvent seuls contre deux, Hillary Clinton, dans le camp démocrate, et Mitt Romney, côté républicain, ont subi les attaques les plus virulentes, à trois jours des primaires dans le New Hampshire

Déterminée à refaire son retard sur Barack Obama, qui fait désormais jeu égal avec elle dans les sondages au New Hampshire, Hillary Clinton lui a vivement reproché d'avoir changé d'avis sur le financement de la sécurité sociale. Sur ce sujet, "il pourrait avoir un débat intéressant avec lui-même", a-t-elle ironisé, ajoutant que"ce dont nous avons besoin, c'est d'un président sur lequel nous pouvons compter." Le sénateur de l'Illinois a répondu fermement, l'appelant à ne pas "déformer" son bilan, tandis que le troisième homme de la course, John Edwards, volait à son secours : il a estimé qu'ils pouvaient avoir des divergences sur un programme, mais que dire qu'il devrait débattre avec lui-même "n'était pas le genre de discussions que nous (les démocrates) devrions avoir."  "Je n'ai pas entendu de telles attaques de la part de la sénatrice Clinton lorsqu'elle était en tête", a encore attaqué l'ancien sénateur de Caroline du Nord. "A chaque fois qu'il (Obama) évoque le changement, à chaque fois que je me bats pour le changement, les tenants du statu quo ripostent", a-t-il martelé.

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"Je veux le changement, et j'ai déjà réalisé le changement", s'est emportée Mme Clinton, livide, reprenant à son compte les réformes mises en oeuvre par l'administration de son mari Bill Clinton dans les années 1990, et assurant que l'arrivée d'une femme dans le Bureau ovale représenterait en soi un changement majeur.

ATTAQUES "ERRONÉES"

Le débat entre les candidats républicains, qui ouvraient l'émission de deux fois 90 minutes, ont également été houleux. Les rivaux de Mitt Romney ne lui ont pas laissé le temps de savourer sa victoire du jour aux caucus du Wyoming, qui lui ont accordé huit de leurs douze délégués.

Alors qu'il s'en prenait aux promesses de John McCain en matière d'immigration, celui-ci lui a reproché ses virulents spots télévisés."Vous pouvez dépenser toute votre fortune dans vos attaques, elles resteront erronées", a lancé le sénateur de l'Arizona. Ce franc-tireur, qui semble  en mesure de se relancer dans la course, était en verve :"Nous sommes d'accord, vous êtes le candidat du changement", a-t-il lancé en riant au mormon, façon cruelle de rappeler aux électeurs qu'il était favorable au droit à l'avortement avant d'y être farouchement opposé, favorable à une couverture santé pour tous avant de dénoncer les projets des démocrates en la matière.

L'ancien gouverneur du Massachusetts s'est aussi vu reprocher ses atermoiement et prises de positions changeantes sur le conflit irakien. Mike Huckabee l'a accusé de ne pas avoir soutenu le 'surge', cette stratégie américaine en Irak, qui s'est traduite par un accroissement du nombre de soldats envoyés sur le terrain."Sur la guerre, j'ai soutenu le président avant vous" et "je ne suis pas de ceux qui sont ici pour lancer des attaques excessives contre le président", a-t-il poursuivi."Ne caricaturez-pas mes opinions", a répondu Romney, assurant que les Américains "veulent que nous parlions de politique, ils ne veulent pas d'attaques personnelles". "Il ne s'agit pas d'une attaque personnelle, vous avez soutenu un retrait programmé des troupes", a rétorqué l'ancien gouverneur de l'Arkansas. Mike Huckabee a cependant calmé le jeu, en soulignant l'enthousiasme suscité par leur adversaire commun Barack Obama :"Si nous ne présentons pas aux Américains ce que nous défendons, plutôt que ce qui nous oppose, nous allons perdre".