La corruption est une forme de rupture de l'égalité entre les citoyens qui engendre chez certains une envie de révolte et chez d'autres un désir de profiter de la situation. Dans des situations extrêmes de corruption, on observe que le système étatique finit pas se structurer en fonction de la corruption ce qui conduit à une corruption généralisée de l'esprit.

Bon nombre de personnes estiment qu'il faut se mobiliser pour lutter contre la corruption. Aujourd'hui, bien plus qu'auparavant, il est très difficile de combattre l'expansion de ce phénomène car la globalisation des marchés a pour conséquence d'accroître l'internationalisation du phénomène de corruption. Edicter une norme légale comportant des sanctions pénales ayant une portée géographique limitée semble peu de choses face à une criminalité organisée au niveau international.

Le processus législateur peut être analysé comme étant composé de deux volets: la prévention interne et la répression.

Par " prévention interne ", il faut entendre la prévention générale -telle que la nécessité d'avoir une magistrature indépendante ou une presse indépendante mais également la nécessité d'organiser un contrôle efficace et une transparence réelle des flux financiers des partis politiques- à compléter par des facteurs spéciaux propres à chaque pays. Ceci requiert des contrôles, une transparence des pratiques et une publicité adéquate.

Organiser un système répressif peut contribuer à lutter contre la corruption mais doit s'accompagner de moyens suffisants. Par " moyens ", il faut entendre la mise au point d'instruments juridiques adéquats mais également l'intégration de moyens permettant d'assurer le respect de la réglementation.

Ceci nécessite la mise à disposition de magistrats spécialisés en cette matière, assistés par des équipes de professionnels de haut niveau, composées de contrôleurs fiscaux, de commissaires aux comptes, d'experts comptables et de spécialistes des brigades financières.