15_08_2009_06_46routeabobCe n’est plus un secret pour personne, les routes ivoiriennes sont délabrées ! Prévues pour 15 ans, en moyenne, ces routes, si elles sont encore dignes de ce nom, accusent un âge de 20 à 30 ans, si on s’en tient au dernier état des lieux fait par les ministres et experts de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), réunis du 1er au 6 juin dernier dans la capitale politique ivoirienne, Yamoussoukro. La majorité des routes ivoiriennes sont donc menacées de « disparaître complètement » si rien n’est fait « de toute urgence » pour leur remise à niveau, regrettent en substance des experts en la matière, sans occulter les risques des accidents, la détérioration précoce des engins roulants négatifs pour l’économie ivoirienne. «Il n’y a pas un seul axe routier en Côte d’Ivoire où il n’y a pas de travaux à faire.», a regretté, dans une de ses sorties, Bouaké Fofana, Directeur Général de l’Agence de Gestion des routes (AGEROUTE). «Il faut investir 80 milliards FCFA par année, rien que dans l’entretien des routes, pendant 10 (dix) années.», ajoute t-il. Estimé à 80 000 km, l’ensemble du réseau routier, au vu de ses imperfections qui plombent des piliers de l’économie ivoirienne, allant de la fluidité des échanges commerciaux vers le Port Autonome d’Abidjan ( PAA) au confort des usagers de la route, nécessitent un plan d’urgence total. Les gros perdants… En tous cas, les opérateurs économiques, surtout les transporteurs, semblent les gros perdants dans cette affaire. Eux dont la pitance quotidienne est essentiellement liée à l’exploitation des routes. « A cause de l’état des routes on perd beaucoup de marchés dans les pays limitrophes. On accuse tellement de retard durant le trajet, qu’on arrive même plus à rentabiliser correctement nos activités », se plaint un transporteur. « Nos véhicules accusent des incessantes pannes à cause des voies dégradées. Et quand il faut changer les pièces ce n’est pas du tout facile, vu la hausse des prix des pièces de rechanges. Tout est cher », se plaint un chauffeur de mini car rencontré sur la route du Zoo, dans une commune d’Abidjan. Comme lui, bien d’autres usagers souffrent de leurs déboires et ne cachent pas leur colère en dénonçant le laxisme et le silence abyssal des autorités municipales et politiques. On se perd même dans les responsabilités. Qui fait quoi ? Selon nos investigations, seuls 20.000 km de l’ensemble du réseau routier sont du domaine de l’AGEROUTE. Le reste est l’affaire des autorités décentralisées. «L’article 7 de la loi sur les conseils généraux inscrit la gestion de la voirie départementale aux nombres des compétences des Conseils généraux », soutient le DG de l’AGEROUTE. Les communes et les Districts ont également des compétences en matière de gestion des routes, relève t-on. A cet effet, ils sont des maîtres d’ouvrage d’une partie de ce réseau. Quant au Fonds d’entretien routier (FER), impliqué dans cette affaire, il ne recevrait plus la totalité des taxes prélevées sur les produits pétroliers devant servir à l’entretien des routes. Prétextes ou des justifications évidentes ? Les préoccupations des usagers restent entières. Edem Kouadio Bokbi e.kouadio@acturoutes.info