elephantsLa Can 2010 a permis aux Ivoiriens dans leur ensemble de comprendre que la génération dorée incarnée par Didier, Yaya Touré et autres ne peut pas remporter un trophée d’envergure.

Révélations troublantes sur les causes de la dernière débâcle en Angola.

Les Eléphants footballeurs ne font plus la fierté du peuple ivoirien. Depuis le dimanche 24 janvier 2010, les sportifs éburnéens portent encore le deuil. La déculottée subie face aux Fennecs d’Algérie alimente encore les conversations. Pouvait-il en être autrement ? Pour ceux qui suivent cette pseudo-génération dorée, rien d’étonnant. Didier Drogba, Yaya Touré, Kolo Touré, Bamba Souleyman et Consort, se voient au sommet de leur art. Ils se considèrent comme de véritables stars pour qui le drapeau orange, blanc, vert n’a pas grande valeur. Mouiller le maillot lors des compétitions internationales auxquelles participent leur pays, n’est pas une une exigence morale, encore moins un devoir civique. Ils jouent donc à leur guise malgré l’espoir placé en eux. En claire, c’est la Côte d’Ivoire qui devait être reconnaissante vis-à-vis d’eux dans la mesure où ils ont accepté pour la plupart de venir porter la tunique tricolore. C’est cela qui peut expliquer leur propension à jouer comme de véritables cadres sur l’aire de jeu. Mieux, ce qui compte à leurs yeux, c’est le show, les belles femmes et la luxure. Même en regroupement, ils ne s’en privent pas, rangeant aux placards les principes d’éthique, et de règles fixées par la FIF. Que n’a-t-on pas entendu après la débâcle à la Can 2008 au Ghana ? Des femmes avaient été convoyées à Takoradi-Sekondi pour tenir en haleine ‘’nos chers pros’’. Des voix avaient dénoncé ces actes inadmissibles. Mais rien n’y fit. Idriss Diallo, le collaborateur de Jacques Anouma, cité dans cette affaire n’a pas été entendu tout comme Cyrille Domoraud et Tizié Jean-Jacques taxés à tort ou raison de ‘’convoyeurs des gos’’. La vie a continué et les habitudes ont poursuivi leur élan. Pour cette Can 2010, même son de cloche à Cabinda en Angola.

Ils ont fêté l’anniversaire de Bamba

« Ils ont la tête à la fête », dixit Robert Nouzaret, l’ancien sélectionneur français des Eléphants de Côte d’Ivoire. Il ne croyait pas si dire, ce technicien qui a fait découvrir Didier Drogba, Emerse Faé et bien d’autres joueurs ivoiriens qui étaient sur le point de s’engager avec la France. Les Eléphants de Didier Drogba aiment les shows infernals en boîte de nuit. Tous sans exception. Et qui dit show, dit bien sûr les femmes. A chacun de leur regroupement à Abidjan, c’est une horde de jeunes filles qui défile dans leur hôtel. On les appelle « chasseurs d’Eléphants ». Que dire de leurs nombreuses virées en boîtes de nuit à bord de leurs gosses Cylindrées ? Epoustouflant et magique ! L’on se croirait dans les rues New-yorkais aux Etats-Unis.

L’amusement à outrance, c’est l’apanage des pros ivoiriens qui, il faut l’écrire, ne mènent pas cette vie en Europe. C’est une fois en sélection qu’ils se la coulent douce sans se sourciller des responsables de la FIF. Excepté Anouma, personne ne peut leur tenir tête. Que peut dire Idriss Diallo devant Didier Drogba, Yaya Touré et autres millionnaires de l’équipe nationale ? Allez savoir. Et puis ne sont-ils pas des professionnels et des joueurs expérimentés ? Ils peuvent donc sabler le champagne à la veille d’un match d’envergure. C’est pourquoi à Cabinda, ils ont fêté avec brio l’anniversaire de Bamba Souleyman. Un show-anniversaire qui a rassemblée de nombreuses jeunes filles, pendant que les adversaires se concentraient en vue d’affronter les étapes suivantes. Vahid Halilhodzic et les responsables fédéraux n’ont pas eu la poigne nécessaire pour les décourager dans cette initiative. Et depuis ce jour-là, Didier Drogba et ses camarades exigeaient des quartiers libres pour disent-ils se ressourcer et vaincre l’oisiveté.

Bamba Souleyman, qui s’est soudain trouvé des allures de stars, a poussé des ailes et est rentré dans la starmania. Cené Siaka, Kalou Salomon et Bamba Souleyman ont plutôt impressionné par leurs nouvelles coiffures lors du quart de finale devant l’Algérie. On ne le dira jamais assez, la gestion des joueurs ivoiriens est l’une des causes de la dernière débâcle à la Can. A l’heure actuelle du bilan, l’humiliation prend le dessus sur la désolation.



Un patriotisme chancelant !

Qui pourrait ne pas se réjouir d’une victoire des Eléphants? D’aucuns diront certes que le peuple est ingrat. Mais qu’on se le dise honnêtement. On sait quand les pachydermes ont véritablement mouillé le maillot. En 2006 par exemple, une foule immense a réservé un accueil chaleureux aux Eléphants à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny lors de leur retour au bercail après la finale perdue de la Can au Caire. Parce que ce jour-là, les Eléphants de Didier Drogba avaient tout donné mais les dieux du foot n’étaient pas au rendez-vous. Il y a même eu mort d’hommes le 29 mars au Félicia à cause des Eléphants. Mais cela n’a pas joué sur la mobilisation des supporters ivoiriens.

Ils ont cru aux Eléphants avant que ces derniers démontrent qu’ils ne méritent pas les faveurs du peuple. La Can 2010 en a été l’illustration parfaite. Des professionnels qui jouent comme des amateurs sans motivation ? Il faut le faire ! Comparaison n’est pas raison, mais il faut reconnaître que le Cameroun de Samuel Eto’O Fils ne capitule pas même quand l’adversaire lui tient tête. Les Lions Indomptables savent se battre jusqu’au bout. C’est cela qui manque cruellement aux Eléphants. Didier Drogba excellent à Chelsea et qui a marqué les esprits à Marseille par son sens du but est devenu le sélectionneur sic en équipe nationale. En vertu de quoi ses arguments doivent décider du sort d’un joueur ? Le patriotisme a pris un sérieux coup en équipe de Côte d’Ivoire. Quels joueurs dorénavant pour le Mondial 2010 ?

© abidjan.net : Jacques Varnié