Le récit de la «femme adultère » de Jean 8 est l'un des plus beaux de l'Evangile. Cette femme pécheresse, condamnée par les intégristes de l'époque, est relevée par Jésus, pardonnée, libérée de ses accusateurs, avec cette formule restée célèbre : «Que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre ! » Certes, la réponse de Jésus a été astucieuse, il a réussi à dénouer la situation sans avoir à faire de grands discours... On comprend le message : comme nous sommes tous pécheurs, nous n'avons pas à juger et encore moins à condamner les autres.

 
Ramené au contexte politique ouest-africain et surtout à l´actualité malienne, on pourrait poser la meme question aux chefs d´états qui s´acharnent sur la junte militaire au Mali. Qui, parmi les chefs d´états de l´Afrique de l´ouest serait capable de jeter la pierre à la junte militaire malienne? Faure Eyadéma, Blaise Compaoré, Allassane Ouattara ? Qui, sont-ils ces donneurs de leçons qui, viennent encore dans mon Afrique, assouvir les voeux de leurs chefs occidentaux? On entend ces personnes-là en ce moment faire des leçons de démocratie au Mali! D´abord, le Mali ce n´est pas le Togo du fils Eyadema, champion de la magouille et anti constitutionaliste notoire , ce n´est pas le Burkina du champion de la destabilisation qu´est Compaoré, ce n´est pas le pays du « rattrapage ethnique » de Ouattara.
 
Le Mali, c´est le Mali de la conférence nationale réussie et modèle de l´alternance politique dans une Afrique livrée à elle-même et à la guise des derniers colons de notre siècle. Devant ces mémoires selectives de ces personnes amnésiques, devant ces mensonges organisés de ces chantres zélés, de ces personnes qui, en réalité se rient de notre continent, « de ces condamnateurs cyniques et pourtant auteurs d´actes similaires, on se demande que croire, qui croire et quoi espérer de ces gens dont nous connaissons la nature et les vraies motivations face à la nécessité de démocratisation de nos pays. »
 
Non, l´amnésie se soigne. Elle est une maladie et l´avoir ne devrait pas être positif surtout quand on est homme politique dans une Afrique en constants mouvements. Que faire donc devant les actions de ces amnésiques, face aux actes de ces gouverneurs propulsés dans nos palais par les coups de canons de Sarkozy ? Rien ! Rien de rien. L´Afrique de l´Ouest ne doit pas suivre ces marchands de la division, ces marchands des tueries, ces marchands defendeurs de toutes les causes sauf celles des africains. NON !
 
Quand un Ouattara, un Compaoré condamnent la junte militaire malienne, quand l´Union Africaine d´européens (Vous avez bien lu) se met, elle aussi dans la danse macabre contre le pays de Soundiata, devons-nous en rire ou en pleurer ? Je choisis de rire. Ha ha ha ha, et toi ? Misère des misères et mille fois pitié pour nous Africains dont on se moque. L´âge d´or n´est pas pour demain, mais il n´est pas non plus, aussi loin que le pensent beaucoup d´africains qui se perdent dans un désespoir des plus compréhensibles.
 
Oui Ouattara se moque de nous, Compaoré se moque de nous quand ils nous font la leçon alors que sont encore encrées dans nos mémoires, les blessures encore vivaces, alors que les dénis de justice sont encore légions dans notre chère Cote d´Ivoire, alors que comme le dit Mamadou Koulibaly, notre constitition est chaque jour violée, piétinée et que les arrestations quotidiennes dans une Cote d´Ivoire qui perd de son essence, sont nombreuses, et qu´inévitablement, nous retournons vers le parti unique, un état fasciste et de non droit.
 
Qu´on se le dise clairement, je ne suis pas pour le coup d´état au Mali, je ne suis pas pour la guerre dans mon pays la Cote d´Ivoire, je ne suis même pas pour le renversement par coup de force de Mr. Ouattara dans notre pays, ce que je veux dire, c´est que ni Mr Ouattara, Ni Mr. Compaoré n´ont la notoriété nécessaire pour représenter le courant des démocrates ouest-africains. ILS NE SONT PAS DÉMOCRATES !
 
Dans la forme donc, nous devons nous opposer aux coups de forces, mais le fond aussi compte dans une Afrique oú on n´entend et ne saisit le message que s´il est envoyé par une personne modèle. Or ni Ouattara, ni Compaoré ne sont des modèles de démocrates. Quelles  leçons faut-il apprendre de ces deux personnages quand leurs actions sont en totale contradiction avec leurs messages ? S´ils sont amnésiques, nous peuples africains, ne le sommes pas.
 
 
Henri Gossé,